Descriptif des œuvres jouées

Concert de Noël - décembre 2010
Les compositeurs et les œuvres

Antonio VIVALDI (1678-1741)
Vivaldi est né à Venise et fut initié au violon par son père, violoniste renommé de la chapelle ducale de Saint Marc. Il travailla également sous la direction de Legrenzi, puis fut orienté vers une carrière ecclésiastique mais dû y renoncer pour des raisons de santé. Il fut nommé en 1703 professeur de violon, chef de choeur et maître de concert au conservatoire de la Pièta. Ses activités de compositeur l'obligeaient à s'absenter fréquemment mais ce fut par l'intermédiaire de la Pièta, ensemble de haut niveau, que ses oeuvres purent être diffusées. La qualité des instrumentistes lui permit de composer pour des combinaisons instrumentales variées de solistes, originales pour l'époque, qui se retrouvent dans ses concertos. Vivaldi a joué un rôle considérable dans l'histoire du concerto - il en a composé environ cinq cent, dont la moitié pour violon - mais aussi dans l'évolution de la technique du violon. Il rivalisait de virtuosité avec les cantatrices de ses opéras et subjuguait son auditoire par ses improvisations. Ce fut le prototype du virtuose moderne. Il devint rapidement célèbre et ses oeuvres furent éditées par les grands éditeurs européens, en particulier Estienne Roger à Amsterdam. Ses oeuvres étaient d'une conception révolutionnaire, très riches en contrastes, où fut innové le style concertant pour soliste, ce qui les différentia radicalement des concertos de ses prédécesseurs, Torelli, Albinoni ou Corelli. Il fut très apprécié toute sa vie par ses contemporains comme compositeur et enseignant, voyagea peu, hormis à Amsterdam pour diriger ses oeuvres à l'occasion du centenaire de la fondation du théâtre et à Vienne où il trouva la mort en 1741. Son œuvre constitua une source d'inspiration pour d'autres compositeurs puisque Geminiani s'en servit pour ses propres compositions et que Jean-Sébastien Bach, alors qu'il était violon solo à Weimar, en transcrit de nombreuses pages pour orgue, clavecin solo et pour quatre clavecins.

Edvard GRIEG (1843-1907)
Grieg est le plus grand des compositeurs norvégiens. La Norvège, totalement soumise jusqu'en 1814 au Danemark, puis de 1814 à 1905 à la Suède était dépourvue de tradition musicale. Dès l'âge de 15 ans, Grieg quitte la Norvège pour aller travailler au Conservatoire de Leipzig. Jusqu'en 1866, il vit à Copenhague et travaille avec Niels Gade qui l'encourage à écrire sa première symphonie, puis les sonates pour piano et les sonates pour violon et piano. Son style est alors basé sur la tradition romantique allemande. Peu à peu, avec d'autres jeunes compositeurs, il ressent la nécessité de créer un style musical typiquement norvégien et se met à la recherche d'éléments folkloriques anciens. Il s'installe à Oslo en 1866 où il travaille avec Winter-Hjelm et Ludwig Matthias Lindeman. Ses charges d'enseignant et de musicien ne lui laissent alors que peu de temps pour la composition. Il achève malgré tout son concerto pour piano en la mineur en 1868 qui devait, avec le temps, devenir un véritable symbole de la Norvège. La reconnaissance de son travail dans son pays reste malgré tout difficile et des voyages en Europe sont nécessaires pour le faire connaître. Il peut ainsi rencontrer Franz Liszt et son cercle d'artistes à Rome et faire publier ses pièces lyriques à Leipzig. Peer Gynt voit le jour durant les années de collaboration avec d'autres artistes, comme les poètes Bjornstjerne Bjornson et Henrik Ibsen. A partir de 1874, il reçoit un salaire de son pays et peut se consacrer entièrement à la composition. Toute la musique de Grieg évoque les paysages scandinaves. Grieg vivait très près de la nature et donnait une vision très romantique de sa manière de vivre. La suite Holberg opus 40 a été composée en 1884, à l'occasion des fêtes du bicentenaire du philosophe Ludwig Holberg. Initialement écrite pour choeur d'hommes, elle sera transcrite pour piano et pour orchestre à cordes par le compositeur lui-même.

Jean - Sébastien BACH (1685 - 1750)
La composition du double concerto pour violons BWV 1043 date de la période de Köthen, entre 1717 et 1721. J.-S. Bach venait de quitter Weimar pour le poste plus prestigieux et mieux payé que lui proposait le prince Léopold, amateur éclairé de musique. Il devait produire des oeuvres de circonstances - cantates pour des mariages, des anniversaires ou pour des fêtes religieuses - mais passait l'essentiel de son temps à la direction musicale de la Cour où il disposait d'un orchestre constitué de très bons musiciens. De cette période, datent les sonates et partitas, des suites d'orchestre, quelques uns des concertos Brandebourgeois, les concertos pour violon en la mineur, en mi majeur et le double concerto en ré mineur. Ces concertos sont nés de l'intérêt que Bach portait aux concertos italiens et plus particulièrement à ceux de Vivaldi.
Dans le mouvement lent, l'accompagnement de la cantilène ne consiste qu'en un simple soutien harmonique. En revanche, dans les deux autres mouvements, la part prise par l'orchestre au dialogue musical est beaucoup plus active qu'elle ne l'avait jamais été chez les prédécesseurs.