descriptif des œuvres jouées

Concert de Noël - décembre 2017
le compositeur et les œuvres

Jean-Sébastien Bach, né à Eisenach en 1685, est le plus prestigieux d'une longue lignée de musiciens. Il a probablement été formé par son père, son frère aîné et par les maîtres allemands et en particulier Buxtehude dont la rencontre à Lübeck a considérablement marqué le jeune Jean-Sébastien. Il a été amené à souvent déménager sa vie durant, sans malgré tout quitter l' Allemagne.
Après Arnstadt et Mülhausen, Bach fut appelé à la cour de Weimar où il bénéficia de bons instrumentistes et d'excellents chanteurs pour ses cantates. Il y composa ses premières œuvres pour orgue et pour clavecin.

En 1717, il quitte Weimar pour Koethen, pour le poste plus prestigieux et mieux payé que lui proposait le prince Léopold, amateur éclairé de musique. Il devait produire des œuvres de circonstances - cantates pour des mariages, des anniversaires ou pour des fêtes religieuses - mais passait l'essentiel de son temps à la direction musicale de la Cour où il disposait d'un orchestre constitué de très bons musiciens. De cette période heureuse, datent les sonates et partitas, des suites d'orchestre, quelques uns des concertos Brandebourgeois, les concertos pour violon en la mineur, en mi majeur et le double concerto en ré mineur. Ces concertos sont nés de l'intérêt que Bach portait aux concertos italiens et plus particulièrement à ceux de Vivaldi.

Le concerto en sol mineur BWV 1058 pour clavecin est la transcription, faite par Bach du concerto pour violon en la mineur. Dans ces concertos, le mouvement lent, accompagnement de la cantilène, ne consiste qu'en un simple soutien harmonique. En revanche, dans les deux autres mouvements, la part prise par l'orchestre au dialogue musical est beaucoup plus active qu'elle ne l'avait jamais été chez les prédécesseurs.
Comme pour les Concertos Brandebourgeois, les quatre Suites ou Ouvertures pour orchestre constituent un ensemble très varié. Ce sont des musiques d'apparat, de réjouissance, de danse, écrites dans le goût français qui était très à la mode à cette époque où la musique de Lully était très appréciée. Ces suites ont probablement été écrites dans les dernières années de la période de Koethen. La première Suite pour orchestre en do majeur BWV 1066 est une succession de danses et est construite comme un concerto pour deux hautbois et basson.
En 1723, Bach est nommé cantor à Leipzig, dernière étape de sa vie. Il était titulaire d'un poste qui l'obligeait à composer, presque pour chaque dimanche, une nouvelle cantate. Le temps dont il disposait était parfois très limité et souvent, il fut amené à reprendre d'anciennes œuvres composées plus tôt et à les modifier pour les circonstances.
La cantate "Abend aber desselbigen Sabbats" BWV 42 a été composée en 1725.
L'Oratorio de Noël a été composé en 1735, en utilisant, en partie, des œuvres profanes composées peu de temps auparavant. Il a été conçu sous forme d'un cycle de six cantates, à l'exemple des grands spectacles, les « Abendmusiken » que son maître Buxtehude organisait 30 ans avant à Lübeck et auxquels Bach avait eu l'occasion d'assister. Le réemploi de fragments musicaux est courant chez Bach et il est admis maintenant, que la plupart du temps, les textes religieux étaient écrits par le librettiste en même temps que les textes profanes, lors de la composition. C'est ainsi que presque toutes les arias et presque tous les chœurs de l'Oratorio qui ne sont pas tirés d'un choral faisaient partie de cantates profanes. L'Oratorio est constitué de six parties, chacune évoquant une période allant de la nativité au dimanche de l'épiphanie.
Le terme de sinfonia désigne l'ouverture qui précède une œuvre orchestrale, un opéra ou une cantate. Ainsi, Jean Sébastien Bach a parfois remplacé le chœur d'ouverture de ses cantates par une introduction uniquement orchestrale.
La sinfonia de la cantate 42 provient de l'adaptation ou de la transposition d'un allegro de concerto pour deux hautbois et basson.
La sinfonia de l'Oratorio de Noël est le morceau introductif de la deuxième partie, pour le deuxième jour de Noël.

Les solistes

Yuki Mizutani est née à Hyogo au Japon. Elle commence ses études de clavecin à Osaka puis quitte le Japon pour la France. Elle obtient ses premiers diplômes d'étude musicale au clavecin à Angers en 2002 et 2005 et le diplôme national d'études supérieures en 2007 au CNSMD de Lyon dans la classe de Françoise Lengellé.
Elle se perfectionne ensuite au clavecin et au clavicorde au Conservatoire Supérieur d'Amsterdam où elle obtient la licence d'interprétation en 2010. Elle intègre l'Académie Supérieure de Musique de Strasbourg dans la classe d'Aline Zylberajch et obtient le diplôme d'état en 2015, puis se spécialise en basse continue auprès de Francis Jacob et Martin Gester. Elle monte des projets de concerts au Japon avec des musiciens strasbourgeois depuis 2014. Actuellement détentrice du diplôme universitaire de musicien intervenant, elle travaille dans les crèches et les écoles de musique de Strasbourg. Elle est également en charge de l'entretien et de l'accord du clavecin du Conservatoire.

Après avoir fini ses études au Conservatoire national de musique de Plovdiv (Bulgarie), sa ville natale, Hedy Kerpitchian-Garzia obtient un 1er Prix au Conservatoire National de Région de Grenoble. Elle intègre ensuite le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, dans la classe de violon de Devy Erlih et Alexis Galpérine, puis celle de Jean-Jacques Kantorow et Jean Lénert et travaille en musique de chambre avec Christian Ivaldi, Michel Strauss et Jean Mouillière. Parallèlement, elle suit le cours de perfectionnement du Quatuor Ysaÿe. Après avoir été membre de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse puis de l'Orchestre National des Pays de la Loire, elle intègre l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg en février 2002 et est nommée violon remplaçant-soliste en 2007. Hedy Kerpitchian se produit régulièrement dans de nombreux festivals en musique de chambre, un genre qui la passionne. Depuis 2013 Hedy Kerpitchian enseigne à la Haute Ecole des Arts du Rhin et au Conservatoire de Strasbourg.

Serge Sakharov débute ses études de musique en Australie à l'âge de huit ans. Après un séjour en Angleterre, il entre au Conservatoire de Strasbourg où il obtient, en 1987, une médaille d'or. Il effectue ensuite l'essentiel de sa formation professionnelle auprès du grand violoniste et pédagogue G. Baynov, professeur à la Hochschule de Trossingen, en Allemagne. Puis il participe, en 1988, au Festival de musique du Schleswig-Holstein, sous la direction de Léonard Berstein. En 1990, Serge Sakharov devient remplaçant soliste à l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg. Il se passionne aussi pour la musique de chambre et se produit dans différentes formations.